Stade Zioui
Il était une fois, dans un pays d’Afrique du nord, sur la rive sud de la belle méditerranée une précieuse perle blanche qu’on appela Alger. Aussi riche que diversifiée, pullulaient dans cette charmante ville des quartiers qui faisaient et font toujours la fierté de ses habitants.
Husseind-Dey, une vaste localité reposant aux pieds des hauteurs de Kouba et coincée entre El-Harrache et Belouizdad, est devenue mondialement célèbre grâce à la talonnade légendaire d’un de ses enfants. Madjer, puisque c’est de lui qu’il s’agit, il a su mettre sur orbite un pays, un club et tout un quartier.
Depuis cette soirée viennoise de l‘été 1987, les médias se sont donnés à coeur joie dans la couverture de tout ce qui a rapport avec le joueur Rabah Madjer. Dans toute cette logique médiatique, ressort le stade fétiche du NAHD, club local d’Hussein-Dey. Décrié par les uns comme non conforme aux normes de l’international Board, le stade Zioui reste homologué, répondant pour la circonstance aux exigences minimales. Cette parcelle de terrain renferme une longue page de l’histoire du quartier d’Hussein-Dey. Tout a commencé avec l’OHD (Olympique H-Dey) club local au temps de l’occupation française au début des années 40, vint ensuite le NAHD avec une pléiade de joueurs tous aussi talentueux les uns que les autres. La cuvée des Aouar, Bouyahi, Sâadi, Kassoul et autres Ouchen, reste incontestablement celle qui a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire des fans. Elle est arrivée à dominer tous ses adversaires, même le grand CRB de Lalmas et de Kalem n’échappa pas à la règle puisque il quitta Zioui avec une raclée mémorable de pas moins de 5 buts.
Au fil des années, ce stade devint un lieu mythique, puisque quelque que soit la valeur de l’adversaire du jour, le NAHD réussit toujours à prendre le dessus à tel point qu’on le surnomma la cage ou encore le « poulaier ». L’habitude était telle que toute équipe visitant ce stade reparte avec pas moins de 3 ou 4 buts. Tous les clubs redoutaient leur passage et l’appréhendaient d’une manière évidente. Il faut signaler qu’il était également le théâtre de plusieurs manifestations sportives et culturelles d’envergure, on pourrait citer les galas de boxe qui ont vu le talentueux boxeur Kaddour dans la catégorie des poids lourds marquer son passage de fort belle manière au début des années soixante, mais aussi la production du célèbre chanteur Jimmy Cliff dont le tube en 1984 a fait vibrer toute une génération.
Les derniers fait marquants abrités par ce stade furent l'accession du NAHD en 2002. et l'excellent parcours de "ouled l'Hussein-Dey" durant la saison 2002/2003. Depuis, beaucoup d’eau a coulé a coulé sous les ponts, l’émergence de nouveaux clubs a rendu la mission des sangs et or difficile, avec toutes les catégories jeunes qui s’y produisent. Le stade Bensiam n’étant pas homologué, sert au moins de lieu d’entraînement. Zioui a été rénové en 1987 et a vu sa surface refaite en tartan en 2001, toujours est-il, que le grand NAHD qui a tant donné au football algérien, avec les Ighil, Madjer, Fergani et Merzekane pour ne citer que ceux-là, mérite un complexe à la mesure de ses aspirations présentes et futures. L’entrée fracassante dans le gotha du football arabe pourrait convaincre enfin quelques hésitants de la haute sphère du ballon rond algérien.
Entre mai 2005 et septembre 2006, le stade Zioui a connu de très importants travaux de rénovation. Le niveau de l’air de jeu (terrain) a été baissé de 1,50 M environ afin d’éloigner le public des joueurs, en même temps, le terrain a été refait avec du tartan pour la 2ème fois en 5 ans, mais cette fois, c’est une pelouse synthétique de 4ème génération et homologuée par la FIFA qui été utilisée.
La question qui reste collée sur toutes les lèvres faut-il pour autant abandonner ce stade, un coffre renfermant plusieurs pages de l’histoire du club, ce qui nous amène à dire : Zi-oui….Zi-non ?